Fresnes : les surprises des comptes des dernières élections municipales [màj 2]

Nos échanges récents avec l’association citoyenne Action Nogent nous ont donné la clé pour obtenir et comprendre les comptes des campagnes électorales. Ceux des municipales 2014 de Fresnes dont nous venons tout juste  de prendre connaissance révèlent bien des surprises.

[màj 1 18/3/2015] Nous avons publié les données en licence ouverte sur le site data.gouv.fr

[màj 2 18/3/2015] détail des dépenses de la liste Pradier

Ces comptes résumés sont accessibles sur demande à la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCFP) puisque, sous certaines conditions, les dépenses engagées pour ces campagnes par les candidats sont remboursées sur des fonds publics. Ce remboursement par l’État a pour but théorique de permettre à tout un chacun de se porter candidat et de financer une campagne électorale.

Nous avons reçu les décisions de la CNCFFP pour les comptes de l’ensemble des candidats des municipales ce mardi 17 mars, voici notre analyse.

Des dépenses extrêmement variables d’un candidat à l’autre

À Fresnes donc, les dépenses déclarées par les candidats et retenues par la commission sont :

  • Jean-Jacques Bridey : 28 431 euros
  • Frédérique Pradier : 12 290 euros
  • Georges Kibong Amira : 8 660 euros
  • Kaddour Metir : 4 069 euros

Il y a donc un rapport de 1 à 7 entre les dépenses les plus faibles (Metir) et les dépenses les plus fortes (Bridey), ce qui est considérable : les candidats sont très très loin de disposer des mêmes moyens pour leur campagne.

La liste Pradier nous a communiqué le détail de ses dépenses de campagne :

  • Imprimeurs: impression des tracts, programme, affiches, ainsi que la création associée = 7 815 €
  • Distribution et mise sous enveloppe des tracts et du programme = 3 605 €
  • Divers: Location salle pour réunion publique, colle, photos, honoraires d’expertise comptable = 870 €

Municipales 2014 - Dépenses déclarées par les candidatsPlus étonnant encore, les dépenses du candidat le mieux pourvu (Bridey) sont supérieures à celles des trois autres candidats réunis : 28 431 euros contre 25 019 euros.

Municipales 2014 - Dépenses déclarées par les candidatsCette somme de 28 431 euros est-elle importante dans l’absolu ? Ramenons nous au cas de Nogent-sur-Marne puisque nous disposons d’éléments pour cette commune voisine. Les dépenses de campagne de JJ Bridey sont comparables  aux dépenses de campagne les plus fortes à Nogent-sur-Marne, ville qui compte une population environ 20% plus importante que celle de Fresnes ( derniers chiffres INSEE 2011) , comme le montrent les chiffres de nos collègues d’Action Nogent.

Remboursements par l’État

Chaque candidat s’est vu remboursé les sommes suivantes

  • Jean-Jacques Bridey : 20 806 euros sur 28 431
  • Frédérique Pradier : 12 140 remboursés sur 12 290
  • Georges Kibong Amira : 8 105 euros remboursés  sur 8 660
  • Kaddour Metir : 3 464 euros remboursés sur 4 069

Fresnes- Municipales 2014 . Remboursements pat l'Etat.

Les différences des parts des dépenses remboursées par l’État s’expliquent par les règles de calcul de ce remboursement qui  tiennent compte :

  • d’un plafonnement
  • du caractère remboursable des dépenses déterminé par la commission
  • du montant de l’apport personnel du candidat.

Les apports externes

En plus de son apport personnel, chaque candidat peut recevoir un apport de fonds externes de la part de particuliers ou de partis politiques.

La répartition de ces dons s’établit ainsi :

  • Bridey : 7 625 euros de dons. A lui seul, ce montant est supérieur à l’apport personnel du candidat Metir et équivalent à l’apport personnel du candidat Kibong,
  • Pradier 150 euros,
  • Kibong Amira 555 euros ,
  • et Metir 605 euros .

Municipales 2014 - apports externes

Efficacité des dépenses de campagne

Pour finir, intéressons-nous à la comparaison des dépenses et des voix obtenues au second tour.

Au second tour les candidats ont remporté les suffrages suivants (source : ministère de l’intérieur)

  • Bridey :    3010 voix
  • Pradier :   2810 voix
  • Kibong Amira :  1194 voix
  • Metir :  579 voix

Si on ramène les frais engagés au nombre de voix obtenues on constate comme le montre le graphe ci-dessous que le coût le plus faible est pour Pradier (4 euros/voix au second tour) , les coûts sont comparables pour Metir et Kibong ( 7 euros/voix) , derrière Jean-Jacques Bridey qui atteint 9 euros/voix. Un rapport de un à deux.

Fresnes - Municipales - 2014 - Dépenses déclarées ramenées au nombre de voix obtenues

Et les élections départementales ?

Qu’en sera-t-il pour les élections départementales ? Réponse dans quelques mois. À moins que les candidats ne publient leurs comptes de campagne avant.

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15 réflexions sur “Fresnes : les surprises des comptes des dernières élections municipales [màj 2]

  1. Les frais de campagne de Monsieur le maire sont plus important car il y a la « cadette » de l’assemblée Nationale, de plus on prête plus facilement à un député Maire qu’à des personnalités moins connues. Vous semblez dire que malgré la sommes il n’y a que 200 voix d’écart. Mais la démocratie est passé par là…. Alors les sommes ne peuvent être comparé aux résultat ? Même si les sommes dépensé pou la campagne prouvent que mme Pradier s’en tire bien malgres la somme dépensée. Ce qui est original c’est l’UMP, peux d’argent pour le « premier » parti de France aux municipales…..

    1. Effectivement secsec, vous avez raison: L’UMP n’a pas investi dans son candidat fresnois.

      Dites-moi, secsec c’est pour SECrétaire de SECtion ?

      1. Eh bien il n’en serait visiblement rien, le « vrai », (l’unique ?) SecSec s’en défend avec la plus grande indignation. En tout état de cause il ne saurait cautionner les nombreuses fautes d’orthographe émaillant les interventions de notre Secsec « imitateur », … à moins que tout cela ne soit savamment orchestré ?
        … allez donc savoir 🙂 🙂
        Bon, … au delà des fautes (ce n’est pas le plus important), … merci aux intervenants qui donnent vie à ce blog et permettent d’enrichir les articles très documentés de Banks.

          1. Bien sûr. Probablement qu’il est pré-rempli avec le dernier pseudo que vous avez choisi, mais il est toujours possible de le changer.

    2. @secsec , vous dites : »Les frais de campagne de Monsieur le maire sont plus important car il y a la « cadette » de l’assemblée Nationale »

      Vous voulez dire « la cassette » de l’assemblée nationale ? i.e. que le maire aurait utilisé sa cassette de député pour financer sa campagne municipale ?

      Vous devez vous tromper car Il me semble que c’est interdit par le code électoral

      « Aucun candidat ne peut utiliser, directement ou indirectement, les indemnités et les avantages en nature mis à disposition de leurs membres par les assemblées parlementaires pour couvrir les frais liés à l’exercice de leur mandat. »

  2. Pour ma part je ne vois pas vraiment de surprise. Le maire sortant veut garder la mairie et donc y mets les moyens, soutenu par le partie socialiste.
    L’UMP n’y crois pas trop surtout avec un candidat inconnu des Fresnois donc n’investit pas trop d’argent.
    la liste de Mme Pradier n’étant pas soutenu par un gros parti n’as pas eu les même moyen que le maire sortant, mais à quand même investit pas mal (seule petite surprise pour moi).
    Pour la liste de M. Metir, pas beaucoup de moyen, ça ne me surprend pas…

    1. Ceci pose la question de l’importance des moyens financiers pour une campagne même au niveau le plus local que sont les élections municipales.

      On trouve ici sur un site de préfecture un outil permettant de calculer les montants maximums des dépenses autorisées et des dépenses remboursées par l’état.

      Pour une ville de la population de Fresnes ( 26 371 habitants au dernier recensement INSEE) , le maximum remboursé pour une liste présente au second tour est de 24 821 euros.

      On voit donc que la liste Bridey a quasiment dépensé le maximum qu’elle pouvait se faire rembourser.

      Les autres listes n’ont pas été capables de trouver des financements à cette hauteur. Avaient-elles une moindre chance de l’emporter dans ces conditions ?

  3. Ne serait-il pas plus juste de calculer le rapport du coût selon les voix obtenues en fonction des résultats du 1er tour ? D’une part parce que le budget alloué au 2ème tour est peu significatif par rapport au budget global (au moins pour 3 des 4 listes en compétition) car les délais étaient très courts et les finances … à sec. D’autre part car le calcul pénalise les listes qui ont subi logiquement un report de voix au second tour.
    Ou alors il conviendrait d’ajouter les voix des deux tours pour obtenir le coût réel d’un vote.

    1. Oui on pourrait le faire, et vous pouvez même le faire nous avons publié les données sur le site data.gouv.fr, lien en début d’article.

    2. @kasper : les données ont été augmentées et sont disponibles sur data.gouv.fr : dépenses ramenées au nombre de voix obtenues : 1er tour, second tour, 1er+second tour

  4. l’ump en choisissant Kibong savait pertinemment qu’il allait perdre, le pire c’est que l’ump n’avait pas anticipé que meme des fiefs socialos allaient tomber ! du coup si kibong avait eu un peu de lucidité on aurait Mme PRADIER comme MAIRE !

    en revanche à l’hay, avec le soutien de PECRESSE Jeanbrun a eu bcp plus de l’ump et ça a marché ! enfin disons aussi que les militants ont été plus actifs !

    1. Je ne suis pas dans le secret des coulisses de l’UMP, mais il me semble que M. Kibong n’est déjà plus dans le paysage politique : absence de coordination manifeste avec sa collège UMP du conseil ( il suffit de regarder les tableaux de présence au conseil : quand l’un est absent l’autre n’a pas mandat pour voter) , absence aux deux conseils portant sur le budget, absence à la réunion UMPI-UDI avec Jouanno, …; (ou alors il est peut-être absent pour raison personnelle , je ne sais pas).

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